Bientôt deux ans !!!!!!

Posted by Monique et Jean-Pierre on février 10, 2012

Eh oui, voilà bientôt deux ans que nous vivons au Pérou !

Deux ans de découverte, deux ans d’une vie différente, auprès de ceux qui n’ont rien ou pas grand chose. Deux ans d’une vie tellement plus simple: sans voiture et sans bien des choses qui semblent indispensables, mais ….sans l’angoisse du lendemain qui habite la plupart de ceux qui font notre quotidien.  Et avec le sentiment d’être là où on avait fait le choix de vivre.  Je vous avais laissés  à la veille de Noël dans les préparatifs d’un réveillon après la messe de 21h30. Malheureusement notre cher curé est arrivé à 22h30 (on est au Pérou !!!), ce qui fait que déjà avant la messe et plus encore après, nombreux étaient ceux qui tombaient de sommeil après une journée de labeur et qui ont souhaité rentrer chez eux après avoir seulement accepté un petit verre de vin. Ceux qui sont restés davantage ont aimé partager ce temps bien sympathique autour de petits toasts et de gâteaux. Peut-être la coutume perdurera-telle ?   Noël ici c’est la folie des pétards et des feux d’artifice à minuit (fabuleux !), mais celle aussi des illuminations. On n’a jamais tant vus de guirlandes et mêmes des guirlandes musicales, accrochées au sommet des plus petites cahutes comme au sommet des maisons plus élaborées comme chez notre voisin .                                                                                  Quant au Noël avec nos petites ados mamans il a été perturbé, car elles sont arrivées accompagnées qui de la mère, qui de la belle-mère, qui de la grand mère. Un repas avait été organisé par et avec les filles mais tout ce monde là voulait en profiter….ce qui a rendu la tâche un peu ardue car nous ne pouvions nourrir plus du double de personnes  et ce n’était pas l’objectif initial des filles non plus: image de la pauvreté…. Par contre pour la fête de la fin de l’année, chacune apportait quelques gâteaux secs seulement aussi elles ont pu profiter pleinement du spectacle qui leur était destiné, animé par deux jeunes de Campoy qui ont su pour la deuxième fois distraire et faire rire ces petites ados à l’existence si difficile.                                                                                                                                                                                                                                           Pour le jour de Noël comme pour le Jour de l’an nous espérions secrètement être invités par les uns ou les autres de nos copains un peu plus « nantis  » de la paroisse qui nombreux nous demandaient ce qu’on faisait et se réjouissaient de nous savoir parmi eux et non pas partis en congé pour ces jours-là. Malheureusement aucune invitation ne s’est manifestée; il faut dire que les gens, pour ceux qui le pourraient, invitent très peu ici. En revanche on a bien compris qu’ils adorent être invités !!! et sollicitent souvent des invitations ! Seuls Saul (à droite sur la photo) et Gloria, un adorable couple ami voisin de la paroisse, nous auront invités par deux fois, en deux ans à Campoy, à l’occasion de la fête des mères. Cette constatation est faite par nombre d’étrangers vivant au Pérou; d’une part la vie en famille à plusieurs générations sous le même toit ne favorise sans doute pas ce genre de démarches , d’autre part ici la sphère privée est un peu « secrète ».  Alors on a invité pour Noël des amis prêtres français qu’on aime bien et qui étaient seuls: Jean Dumont et Marcel Rineau et bien sûr Hubert et Jean-Baptiste, l’autre volontaire de la paroisse. Pour le jour de l’an c’est notre amie Gloria (une autre !),  religieuse canadienne,  qui s’est jointe à nous et on a passé les deux fois une très belle journée.

A l’occasion de Noël Jean-Pierre et moi avons emmené pour la journée, Jazmin, une fillette de 8 ans que je connais bien, qui vit avec ses grands parents dans le quartier le plus pauvre de Campoy, visiter le grand zoo de Lima.           Parce que Lima (10 millions d’habitants sur les 30 millions qui vivent au Pérou !)  a deux facettes: celle d’une mégapole sale et miséreuse mais aussi celle d’une ville moderne et riche et ces deux mondes ne se mélangent pas, les seconds ignorant consciencieusement les premiers la plupart du temps. Jazmin n’avait jamais quitté son bidonville si ce n’est ponctuellement pour aller voir ses grands parents à l’hôpital. Comment dire sa joie et son émerveillement ! tout était surprenant pour elle. Des animaux aux plantes et fleurs. On aurait dit Cendrillon ! Ses paroles nous ont fait mal quand elle s’est étonnée de voir tant de jets d’eau arroser les pelouses: « Qui paie cette eau et pourquoi tant d’eau perdue ? », elle qui voit chaque jour son grand père remonter par seaux l’eau déposée dans un bidon, si précieusement et si chèrement achetée au camion qui passe en bas du chemin.

Une autre occasion de grand bonheur a été pour nous l’invitation de Jose Luis, ami de longue date, pour le baptême de son petit Felipe, 1 an. Cette invitation nous a fait chaud au coeur, d’autant plus que nous aimons bien Maribel sa compagne et que le parrain était Andres, frère de Jose qui est aussi un bon copain et la marraine: Nilda, sa soeur que notre association « Sandia » a parrainé pour ses études de sage-femme qu’elle a brillamment terminées l’an dernier.  (Photo: Nilda avec Jose Luis, Maribel, Felipe et moi). Le baptême a eu lieu dans un des quartiers « chics » de Lima,  bien loin du quartier où vivent Jose Luis et Maribel. La dame chez qui Nilda loue une chambre depuis longtemps ayant gentiment proposé d’accueillir toute la famille pour cette fête, dans son appartement. Nous avons alors vécu là une journée de bonheur, au milieu de la famille de cette dame et de celle de Maribel, entre des parents et parrain et marraine comblés. Un bonheur simple, familial, celui auquel on aspirait. Comme pour toute fête au Pérou on a bien sûr dansé, on a beaucoup ri et on a participé (un tout petit peu !!!) au rituel péruvien qui fait que lors d’une fête un verre circule en permanence avec une bouteille de bière entre les participants. On préfère le faire dans les Andes car il faut alors toujours en verser un peu pour la Pachamama: la Terre mère et ça limite les dégâts !                                         

Dans la vie des Péruviens il y a plusieurs moments importants, fêtés avec beaucoup d’entrain: le baptême, les fêtes de « promotion »: quand l’enfant passe du niveau maternelle au niveau primaire ou du niveau primaire au niveau secondaire mais surtout pour les quinze ans d’une jeune fille et parfois les 18 ans d’un garçon. Toutes ces fêtes donnent l’occasion aux filles de s’habiller en princesse et d’arborer des coiffures avec de longues anglaises d’autant qu’ici toutes les filles ont les cheveux long ! Le mariage n’est pas une fête très répandue, en effet dans les Andes un autre rite remplace le mariage et celui-ci n’a lieu (quand il a lieu), que beaucoup plus tard, une fois que le couple a constitué sa famille et qu’il a mis de côté la somme nécessaire pour festoyer avec toute sa communauté.     

 Il y a quinze jours on est allé avec notre ami Pepe Clavel, prêtre lozérien, vivre un dimanche matin à la prison de San Juan de Lurigancho: 7 000 prisonniers, la plus grande d’Amérique latine. C’est la deuxième fois qu’on l’accompagne dans son travail d’aumonier. La première fois, en semaine, on avait du partir en hâte suite à un « asalto », un réglement de comptes meurtrier entre bandes rivales. C’est chaque fois poignant de voir la force qui émane de cet homme frêle et âgé, devant lequel s’inclinent tous les gros « durs » pour recevoir sa bénédiction. On a participé avec 300 de ses ouailles à la messe et ce fut un moment très fort tant par le recueillement que par la beauté de ce choeur d’hommes chantant magnifiquement et avec tant de conviction. Pepe m’a demandé de donner mon témoignage de volontaire de la solidarité internationale et ce fut émouvant pour moi de parler à tous ces hommes tellement attentifs. On n’oubliera pas ces visages et le temps partagé avec eux.                                                                                                                                            

Dimanche dernier avec Jean-Baptiste on a fait nos adieux à un jeune couple de volontaires DCC, arrivés après nous en août 2010, comme nous sur un secteur pauvre de Lima, qui terminait son contrat de 18 mois.  Il y a une très grande solidarité et beaucoup d’amitié entre volontaires DCC, on partage les mêmes valeurs et le même style de vie.                J’ai eu l’occasion de faire une formation en cours du soir sur deux semaines, très très intéressante organisée par notre partie du diocèse sur : Pauvreté, Milieu ambiant et Eglise. Ce fut passionnant, d’autant plus que le Pérou se situe au 3° rang mondial des pays les plus affectés par le changement climatique et qu’actuellement le développement des mines d’or, de cuivre…….met en péril l’accès à l’eau et contamine de façon dramatique une partie de la population.                                                 Une anecdote avant de terminer: il y a quelque temps on était dans le bus de Campoy à Lima, un bus vétuste comme la plupart. Figurez-vous qu’à l’arrêt ce bus a perdu une de ses roues qui est partie rouler plus loin, le moyeux s’est sectionné  faisant incliné le bus et son  précieux chargement !   On n’ose imaginer si cet accident était intervenu en roulant un peu vite ce qui était le cas plus tôt !   

Que vous dire de plus,  si ce n’est qu’une méchante infection digestive m’a contrainte à 5 jours d’hospitalisation  dernièrement prouvant une fois de plus la fragilité de nos organismes programmés pour vivre dans des conditions sanitaires devenues excessives et qui ont bien du mal à se défendre quand les conditions d’hygiène élémentaire ne sont plus respectées. L’inculturation passe aussi par là et même si on a bien « donné » de ce côté là Jean-Pierre et moi pendant ces deux ans, on ne regrette rien de cette expérience largement au delà de ces contingences.

Un immense merci pour être allé au bout de cette lecture, merci aussi à ceux qui fidèlement donnent des nouvelles sans recevoir de ma part le petit mot que j’aimerais bien trouvé le temps de leur écrire. Merci à Colette, Chantal….,aux amis fidèles, à ceux de l’association « Sandia », aux copains, à la famille, qui de loin nous soutiennent et nous accompagnent de leur courriers, en particulier lors de la période des fêtes de fin d’année.  Merci aussi à notre évêque de Clermont et puis bien sûr à nos enfants, petits enfants: Lucas, Antonin, Maïa, Eloïne et Pascaline, merci à Maman, qui nous permettent de vivre cette aventure  sereinement.  

On vous embrasse tous et on laisse à Felipe, le petit Jose Felipe, la joie  de terminer.

Monique et Jean-Pierre

Categories: News de campoy
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2 Responses to “Bientôt deux ans !!!!!!”

  1. REMY dit :

    Merci pour cette page magnifique.
    Ce qui a fait particulièrement plaisir c’est de voir la bonne mine de Jean-Pierre.
    Par contre pas de photo de Monique qui je pense a sûrement bien mauvaise mine après cette période d’hospitalisation!
    Nous allons bientôt pouvoir juger de cela sur »pièce »!…
    Bon courage pour les quelques jours qui vous restent.
    je pense à l’émotion que vous allez susciter et devoir partager à votre départ même si vous resterez présents avec Sandia

  2. Clarisses de Chamalières dit :

    Merci pour ces nouvelles…on se languissait de vous !
    Heureuses de savoir que vous revenez bientôt – nous serons plus sûres de vous savoir à l’abri de tant de choses, mais pas sûres que vous pourrez supporter…à longueur de vie, notre civilisation en pleine démence – nous vous redisons notre prière pour vous et tous ceux qu’il va vous falloir laisser…
    Au monastère, nous avons eu nos élections triennales qui n’ont pas changé « les deux têtes » mais chamboulé tout le conseil en le rajeunissant considérablement, ce que l’on souhaitait mais qui s’est fait avec beaucoup de sagesse et dans un grand consensus paisible. Le 8° centenaire de Sainte Claire va prendre la vitesse grand V avec le mois de Mars. Dans la communauté, deux sœurs aînées donnent tout d’un coup de grands soucis de santé (surtout problèmes comportementaux, ce qui est difficile à vivre en communauté, même si tout est pris avec douceur et patience). Je vous joins notre circulaire annuelle car je ne suis pas sûre de vous l’avoir envoyée par-delà les océans !
    A vous très amicalement
    Sr Claire et ses sœurs

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