Posted by Monique et Jean-Pierre on février 6, 2011

Bonjour à vous tous !
Décidément c’est bien difficile de trouver un moment pour écrire ! Mais, bon ! me voilà enfin !
Tout d’abord un grand merci à tous ceux famille et amis qui ont eu la gentillesse de nous écrire pour Noël et le Jour de l’an. Je n’ai vraiment pas la possibilité de répondre à chacun mais sachez que tous ces petits gestes nous touchent profondément.
Dans 1 mois nous serons à mi-mandat, ça fera 1 an le 4 mars, déjà !!! Je peux dire que si pour nous deux le temps est passé vite, il nous semble aussi qu’on est là depuis longtemps tellement notre vie est déjà bien organisée ici !

De quoi est-elle faite notre vie dans ce secteur de Lima ?
* D’abord de rencontres quotidiennes avec nos voisins ou d’autres personnes de Campoy qu’on aime bien, comme « notre Mamie » Mercedes.
* Ensuite le travail professionnel dont je vous ai parlé abondamment dans mon dernier article. Pour ma part j’assure actuellement le suivi médical, social, psychologique de 33 ados enceintes ou jeunes mamans, pour la plupart exploitées, battues, violées ou dénutries. Je suis en lien avec une psychologue et une assistante sociale à qui je fais appel pour les cas les plus graves. Je découvre aussi la violence: maltraitance courante des enfants, des femmes; l’alcoolisme, la drogue, la prison pour certains des compagnons de mes petites ados. Tous ces maux dus à la grande misère et l’analphabétisme. Il y a du chomage bien sûr mais beaucoup trouvent des activités informelles: récupérer le plastique, la ferraille, cuisiner et vendre dans la rue, préparer les gousses d’ail: ça c’est terrible: il s’agit de les détacher de la tête d’ail à la main puis de les fouler au pied comme on faisait pour le raisin mais dans un bassine avec de l’eau et un produit toxique, pour détacher la pelure. Je ne vous dis pas les blessures aux pieds au début puis les maladies occasionnées par ce produit. Le Pérou utilise beaucoup d’ail pour les sauces. D’autres sont « cobrador », c’est à dire receveur dans les minibus, ou conduisent des motos taxis, d’autres élèvent des cochons, des canards, des poules. Les femmes font aussi tous ces métiers-là bien sûr mais peuvent avoir une petite boutique, minuscule où elles vendent de l’épicerie, elles revendent au marché des légumes ou fruits qu’elles achètent, elles cousent des perles sur des tee-shirt pour le compte d’entreprises, elles cuisinent. Pour ceux qui sont salariés, beaucoup n’ont pas de papier d’identité donc aucun recours s’ils ne sont pas payés. Ils n’ont pas non plus la Sécurité sociale. Les familles séparées sont très courantes et il n’est pas rare qu’ à la mort du père, sa femme et ses enfants « officiels » découvrent qu’il avait une autre compagne et d’autres enfants. La tuberculose est très présente, le sida aussi.
Je ne veux pas dresser un portrait noir mais seulement décrire la misère ici, mais elle sévit aussi dans tant de pays du monde et en France aussi maintenant. A ce propos j’aimerais citer les paroles de Claude Lelouch, découvertes grâce à nos amis Pierre-Emmanuel et Christèle   « Le monde du partage devra remplacer le partage du monde« .   Vous pouvez aussi lire, si vous ne l’avez déjà fait, un petit livre au nom significatif: « Indignez-vous ! » du grand Stéphane Hessel, aux Editions Indigènes, dans la collection: « Ceux qui marchent contre le vent ». C’est beau ce titre-là !! Grand merci à nos enfants qui nous l’ont envoyé pour Noël !

* Une autre de mes activités est l’association « Sandia » à laquelle je consacre aussi « un certain » temps ! comme je le faisais en France. Les liens avec l’équipe française, les mises à jour et bilan des actions, le suivi des projets dans les Andes….A ce titre nous avons reçu il y a quelques jours le groupe des jeunes étudiants boursiers de l’association (il n’en manquait qu’un). Nous les avions invités à découvrir Lima, leur capitale qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont donc fait 24 h de bus pour venir de Puno dans le Sud andin. Ils sont tous Indiens quechua. Nous voilà avec eux Plaza de armas à Lima. Nous aimons beaucoup tous ces jeunes qui nous le rendent bien ! Melina la responsable du groupe à Puno, boursière également était venue avec son petit Amaru qu’elle allaite.  Après sa thèse en avril, Melina sera avocate et elle fera une spécialisation dans les droits de l’homme pour défendre son peuple (Indien) marginalisé.                    On a découvert avec eux les trésors de Lima mais ce qui les a le plus amusés a été l’escalier roulant du grand centre commercial.  Ils n’en avaient jamais vu. Ces jeunes sont tous issus de communautés (villages) ou de Sandia même.  On les a emmené aussi au Parc des eaux de Lima célèbre pour ses innombrables fontaines et jets d’eau, tous plus originaux les uns que les autres et bien sûr son spectacle magnifique.

Ces jeunes étudient pour devenir informaticien, ingénieur en gestion publique et développement social, ingénieur en génie civil, chirurgien dentiste, infirmière, secrétaire de gestion, et technicienne de santé. Ils sont tous soit orphelins, soit de familles très pauvres qui n’auraient jamais pu leur payer des études et pour certains les parents sont analphabètes. Tous ils se sont battus pour entrer dans leurs universités ou instituts (genre IUT) tant le niveau scolaire est bas à Sandia comme  quasiment partout dans les Andes. Ils ont du pour la plupart passer 1 ou 2 ans à prendre des cours de remise à niveau dans des écoles de « rattrapage ». ils ont tous un engagement social et veulent rester dans les Andes pour accompagner leur peuple.  Ils s’appellent Yasmani (à gauche, Salvador, Jose, Oscar,Magda et Elisabeth devant, et à ma droite Melina et Veronica

Ils ont aussi découvert la mer, ces jeunes habitués à vivre à 4 000m ! l’océan pacifique. Timidement au début puis ils en ont bien profité !                                                                                                                                Tous, même Amaru ! 

Après une rencontre avec les jeunes de Campoy le dimanche autour d’un match de foot, ils sont repartis le lundi après qu’on ait fêté ensemble l’anniversaire de Salvador.

Ce fut une grande joie pour eux que ces 5 jours de rencontres et découvertes, de vacances aussi car tous travaillent ou étudient durant cet été. (Et oui ici c’est l’été et les grandes vacances ici !) Quant à nous on a toujours beaucoup de plaisir à les retrouver.

Je laisse à l’équipe de foot improvisée avec également des Campoyens et Jean-Baptiste (autre volontaire DCC) ! le soin de vous saluer.                                                                                                                             Un petit séjour de vacances en France à la fin du mois va nous permettre de retrouver nos enfants et petits enfants et souffler un peu avant d’attaquer la 2° ligne droite de notre engagement que sera notre deuxième année au Pérou.

On vous embrasse.

Monique et Jean-Pierre 

(un salut d’Oscar (à gauche), Jean-Baptiste, Salvador, Maykle, Yasmani, Richard et devant notre super goal: Jose, le benjamin des boursiers !)

Categories: News de campoy
6Fév

One Response to “”

  1. Françoise et Michel_Eric dit :

    Chers amis,meme si nous n’ en avons pas l’ air, nous ne vous oublions pas et siuvons attentivement votre blog,qui nous permet de mieux prendre conscience de la réalités des choses et d’ etre plus proches de ce que vous vivez ! Que je vous dise quand meme que Rapaêl est né le 13 Janvier chez MA et Caroline. Si vous avez 2 minutes lors de votre passage en France, appelez nous, on en serait très heureux ;toute notre amitié, Françoise et Michel_Eric

laisser un commentaire