Petit additif ……

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le février 11, 2012

Certains d’entre vous disent nous attendre dans quelques jours. Partis le 4 mars 2010, nous allons rallonger un peu nos deux ans, quand on aime on ne compte pas ! En effet on rentrera le 18 avril prochain. On attend le printemps, ce qui nous fera enchaîner un été (ici) avec un printemps, pas mal non ???? mais à l’aller on avait retrouver l’automne après l’hiver. Normal, non ?
Bon we à tous, au coin du feu pour vous, avec plus de 30° pour nous !
Monique

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11fév

Bientôt deux ans !!!!!!

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le février 10, 2012

Eh oui, voilà bientôt deux ans que nous vivons au Pérou !

Deux ans de découverte, deux ans d’une vie différente, auprès de ceux qui n’ont rien ou pas grand chose. Deux ans d’une vie tellement plus simple: sans voiture et sans bien des choses qui semblent indispensables, mais ….sans l’angoisse du lendemain qui habite la plupart de ceux qui font notre quotidien.  Et avec le sentiment d’être là où on avait fait le choix de vivre.  Je vous avais laissés  à la veille de Noël dans les préparatifs d’un réveillon après la messe de 21h30. Malheureusement notre cher curé est arrivé à 22h30 (on est au Pérou !!!), ce qui fait que déjà avant la messe et plus encore après, nombreux étaient ceux qui tombaient de sommeil après une journée de labeur et qui ont souhaité rentrer chez eux après avoir seulement accepté un petit verre de vin. Ceux qui sont restés davantage ont aimé partager ce temps bien sympathique autour de petits toasts et de gâteaux. Peut-être la coutume perdurera-telle ?   Noël ici c’est la folie des pétards et des feux d’artifice à minuit (fabuleux !), mais celle aussi des illuminations. On n’a jamais tant vus de guirlandes et mêmes des guirlandes musicales, accrochées au sommet des plus petites cahutes comme au sommet des maisons plus élaborées comme chez notre voisin .                                                                                  Quant au Noël avec nos petites ados mamans il a été perturbé, car elles sont arrivées accompagnées qui de la mère, qui de la belle-mère, qui de la grand mère. Un repas avait été organisé par et avec les filles mais tout ce monde là voulait en profiter….ce qui a rendu la tâche un peu ardue car nous ne pouvions nourrir plus du double de personnes  et ce n’était pas l’objectif initial des filles non plus: image de la pauvreté…. Par contre pour la fête de la fin de l’année, chacune apportait quelques gâteaux secs seulement aussi elles ont pu profiter pleinement du spectacle qui leur était destiné, animé par deux jeunes de Campoy qui ont su pour la deuxième fois distraire et faire rire ces petites ados à l’existence si difficile.                                                                                                                                                                                                                                           Pour le jour de Noël comme pour le Jour de l’an nous espérions secrètement être invités par les uns ou les autres de nos copains un peu plus « nantis  » de la paroisse qui nombreux nous demandaient ce qu’on faisait et se réjouissaient de nous savoir parmi eux et non pas partis en congé pour ces jours-là. Malheureusement aucune invitation ne s’est manifestée; il faut dire que les gens, pour ceux qui le pourraient, invitent très peu ici. En revanche on a bien compris qu’ils adorent être invités !!! et sollicitent souvent des invitations ! Seuls Saul (à droite sur la photo) et Gloria, un adorable couple ami voisin de la paroisse, nous auront invités par deux fois, en deux ans à Campoy, à l’occasion de la fête des mères. Cette constatation est faite par nombre d’étrangers vivant au Pérou; d’une part la vie en famille à plusieurs générations sous le même toit ne favorise sans doute pas ce genre de démarches , d’autre part ici la sphère privée est un peu « secrète ».  Alors on a invité pour Noël des amis prêtres français qu’on aime bien et qui étaient seuls: Jean Dumont et Marcel Rineau et bien sûr Hubert et Jean-Baptiste, l’autre volontaire de la paroisse. Pour le jour de l’an c’est notre amie Gloria (une autre !),  religieuse canadienne,  qui s’est jointe à nous et on a passé les deux fois une très belle journée.

A l’occasion de Noël Jean-Pierre et moi avons emmené pour la journée, Jazmin, une fillette de 8 ans que je connais bien, qui vit avec ses grands parents dans le quartier le plus pauvre de Campoy, visiter le grand zoo de Lima.           Parce que Lima (10 millions d’habitants sur les 30 millions qui vivent au Pérou !)  a deux facettes: celle d’une mégapole sale et miséreuse mais aussi celle d’une ville moderne et riche et ces deux mondes ne se mélangent pas, les seconds ignorant consciencieusement les premiers la plupart du temps. Jazmin n’avait jamais quitté son bidonville si ce n’est ponctuellement pour aller voir ses grands parents à l’hôpital. Comment dire sa joie et son émerveillement ! tout était surprenant pour elle. Des animaux aux plantes et fleurs. On aurait dit Cendrillon ! Ses paroles nous ont fait mal quand elle s’est étonnée de voir tant de jets d’eau arroser les pelouses: « Qui paie cette eau et pourquoi tant d’eau perdue ? », elle qui voit chaque jour son grand père remonter par seaux l’eau déposée dans un bidon, si précieusement et si chèrement achetée au camion qui passe en bas du chemin.

Une autre occasion de grand bonheur a été pour nous l’invitation de Jose Luis, ami de longue date, pour le baptême de son petit Felipe, 1 an. Cette invitation nous a fait chaud au coeur, d’autant plus que nous aimons bien Maribel sa compagne et que le parrain était Andres, frère de Jose qui est aussi un bon copain et la marraine: Nilda, sa soeur que notre association « Sandia » a parrainé pour ses études de sage-femme qu’elle a brillamment terminées l’an dernier.  (Photo: Nilda avec Jose Luis, Maribel, Felipe et moi). Le baptême a eu lieu dans un des quartiers « chics » de Lima,  bien loin du quartier où vivent Jose Luis et Maribel. La dame chez qui Nilda loue une chambre depuis longtemps ayant gentiment proposé d’accueillir toute la famille pour cette fête, dans son appartement. Nous avons alors vécu là une journée de bonheur, au milieu de la famille de cette dame et de celle de Maribel, entre des parents et parrain et marraine comblés. Un bonheur simple, familial, celui auquel on aspirait. Comme pour toute fête au Pérou on a bien sûr dansé, on a beaucoup ri et on a participé (un tout petit peu !!!) au rituel péruvien qui fait que lors d’une fête un verre circule en permanence avec une bouteille de bière entre les participants. On préfère le faire dans les Andes car il faut alors toujours en verser un peu pour la Pachamama: la Terre mère et ça limite les dégâts !                                         

Dans la vie des Péruviens il y a plusieurs moments importants, fêtés avec beaucoup d’entrain: le baptême, les fêtes de « promotion »: quand l’enfant passe du niveau maternelle au niveau primaire ou du niveau primaire au niveau secondaire mais surtout pour les quinze ans d’une jeune fille et parfois les 18 ans d’un garçon. Toutes ces fêtes donnent l’occasion aux filles de s’habiller en princesse et d’arborer des coiffures avec de longues anglaises d’autant qu’ici toutes les filles ont les cheveux long ! Le mariage n’est pas une fête très répandue, en effet dans les Andes un autre rite remplace le mariage et celui-ci n’a lieu (quand il a lieu), que beaucoup plus tard, une fois que le couple a constitué sa famille et qu’il a mis de côté la somme nécessaire pour festoyer avec toute sa communauté.     

 Il y a quinze jours on est allé avec notre ami Pepe Clavel, prêtre lozérien, vivre un dimanche matin à la prison de San Juan de Lurigancho: 7 000 prisonniers, la plus grande d’Amérique latine. C’est la deuxième fois qu’on l’accompagne dans son travail d’aumonier. La première fois, en semaine, on avait du partir en hâte suite à un « asalto », un réglement de comptes meurtrier entre bandes rivales. C’est chaque fois poignant de voir la force qui émane de cet homme frêle et âgé, devant lequel s’inclinent tous les gros « durs » pour recevoir sa bénédiction. On a participé avec 300 de ses ouailles à la messe et ce fut un moment très fort tant par le recueillement que par la beauté de ce choeur d’hommes chantant magnifiquement et avec tant de conviction. Pepe m’a demandé de donner mon témoignage de volontaire de la solidarité internationale et ce fut émouvant pour moi de parler à tous ces hommes tellement attentifs. On n’oubliera pas ces visages et le temps partagé avec eux.                                                                                                                                            

Dimanche dernier avec Jean-Baptiste on a fait nos adieux à un jeune couple de volontaires DCC, arrivés après nous en août 2010, comme nous sur un secteur pauvre de Lima, qui terminait son contrat de 18 mois.  Il y a une très grande solidarité et beaucoup d’amitié entre volontaires DCC, on partage les mêmes valeurs et le même style de vie.                J’ai eu l’occasion de faire une formation en cours du soir sur deux semaines, très très intéressante organisée par notre partie du diocèse sur : Pauvreté, Milieu ambiant et Eglise. Ce fut passionnant, d’autant plus que le Pérou se situe au 3° rang mondial des pays les plus affectés par le changement climatique et qu’actuellement le développement des mines d’or, de cuivre…….met en péril l’accès à l’eau et contamine de façon dramatique une partie de la population.                                                 Une anecdote avant de terminer: il y a quelque temps on était dans le bus de Campoy à Lima, un bus vétuste comme la plupart. Figurez-vous qu’à l’arrêt ce bus a perdu une de ses roues qui est partie rouler plus loin, le moyeux s’est sectionné  faisant incliné le bus et son  précieux chargement !   On n’ose imaginer si cet accident était intervenu en roulant un peu vite ce qui était le cas plus tôt !   

Que vous dire de plus,  si ce n’est qu’une méchante infection digestive m’a contrainte à 5 jours d’hospitalisation  dernièrement prouvant une fois de plus la fragilité de nos organismes programmés pour vivre dans des conditions sanitaires devenues excessives et qui ont bien du mal à se défendre quand les conditions d’hygiène élémentaire ne sont plus respectées. L’inculturation passe aussi par là et même si on a bien « donné » de ce côté là Jean-Pierre et moi pendant ces deux ans, on ne regrette rien de cette expérience largement au delà de ces contingences.

Un immense merci pour être allé au bout de cette lecture, merci aussi à ceux qui fidèlement donnent des nouvelles sans recevoir de ma part le petit mot que j’aimerais bien trouvé le temps de leur écrire. Merci à Colette, Chantal….,aux amis fidèles, à ceux de l’association « Sandia », aux copains, à la famille, qui de loin nous soutiennent et nous accompagnent de leur courriers, en particulier lors de la période des fêtes de fin d’année.  Merci aussi à notre évêque de Clermont et puis bien sûr à nos enfants, petits enfants: Lucas, Antonin, Maïa, Eloïne et Pascaline, merci à Maman, qui nous permettent de vivre cette aventure  sereinement.  

On vous embrasse tous et on laisse à Felipe, le petit Jose Felipe, la joie  de terminer.

Monique et Jean-Pierre

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10fév

Le Bulletin de Noël est en ligne !

Ecrit par Frédéric le janvier 15, 2012

Voir le bulletin 59 de Décembre !

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15jan

Joyeux Noël

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le décembre 22, 2011

     Joyeux Noël à chacun d’entre vous, famille et amis !  

Dans quelques jours nous fêterons Noël, certains d’entre vous seront sous la neige, la plupart n’auront pas très chaud. Ici la température avoisine les 25 à 30°, la poussière se fait plus insistante, les odeurs aussi parfois, mais surtout la musique omni  présente jour et nuit !! Les grandes vacances viennent de commencer. Ici le mois de décembre c’est à la fois le mois de juin chez nous et le mois de décembre cumulés, avec les examens,  fêtes et bilans de fin d’année, communions, mariages, baptêmes et …..la préparation de Noël !  De traditions il n’y en a pas vraiment, celles qui existent sont « importées » !  Importée la « chocolatada », bol de chocolat chaud (à la canelle!) offert aux enfants par les municipalités,  paroisses, quartiers, ONG….avec un morceau de « paneton », mais un chocolat chaud par 30° !!!! Importé le « paneton » brioche aux fruits confits. Les Italiens ont du faire une OPA sur le Pérou il y a quelques années car les panetones sont ici autant attachés à Noël que les chocolats ou papillotes le sont en France. Importée la dinde (el pavo) qui reste quand même inabordable pour la plupart des habitants de Campoy. Une autre tradition peut-être plus péruvienne ou latino consiste à apporter à la messe de Noël le 24 au soir ou le 25, l’enfant Jésus de la crèche familiale et à le déposer devant l’autel pour qu’il soit béni par le prêtre.  

Cette année on a proposé un réveillon (les gens ne réveillonnent pas ici d’habitude) après la messe de la veillée le 24 au soir, dans le quartier le plus déshérité, pour tout ceux qui désireront partager un moment chaleureux, chacun apportera ce qu’il peut apporter, s’il peut apporter quelque chose: quelques biscuits secs, une bouteille de soda, on fera des petits sandwichs, des gâteaux et on ajoutera un petit peu de vin. Cela permettra à certains de manger pour Noël et à tous de vivre un moment sympa. On va voir ! Les gens semblent intéressés car le bouche à oreilles a très vite fonctionné. Peut-être cela deviendra-t-il une nouvelle tradition ???  En tout cas on est contents à la perspective de vivre ce temps avec cette population qu’on aime beaucoup, dans  ce quartier que je sillonne pour visiter « mes petites mamans », les réunir une fois par semaine, dont je vois maintenant les habitants venir me voir au Policlinico.  Pour Jean-Pierre aussi qui retrouve ces enfants chaque vendredi autour de la table de ping-pong et va leur proposer diverses activités (modélisme…) pour ces grandes vacances qui durent jusqu’en mars.   Après avoir terminé ses installations de panneaux solaires et avant d’en commencer une autre avec le gardien du jardin bio de la paroisse pour transmettre son savoir faire, il a réalisé un nouveau système on ne peut plus bon marché avec des petites bouteilles d’eau vides. Ci joint en photo son système de départ  qu’il a ensuite doublé, avec 30 bouteilles il arrive à chauffer 30 litres d’eau à 37° !!! Autant vous dire qu’on en a bu……de l’eau !!

En ce qui me concerne je continue mes rencontres « Prévention des grossesses ados » avec les jeunes de l’aumonerie maintenant. On a également distribué des documents réalisés par l’équipe dans le cadre du projet, aux 800 jeunes des collèges qui avaient participé à nos cours cette année (photo). Ces documents, très attrayants  reprennent l’essentiel de  nos  interventions.  Certains nous ont dit que c’était un cadeau de Noël !   Avec mes petites mamans ados on prépare un repas de Noël pour vendredi soir, elles ont décidé que chacune offrirait un petit cadeau symbolique à son enfant ce soir-là pour que tous les petits aient ensemble leur cadeau. Elles ont choisi aussi un repas à confectionner ensemble. Le 30 on se retrouvera à nouveau et comme l’an dernier un des jeunes de la paroisse viendra faire le clown et on s’échangera des petits cadeaux, tout petits à l’image du budget de chacune.  Beaucoup sont dans une grande misère et n’ont pas de quoi nourrir leurs enfants. Aussi pour Noël on offrira des boites de lait à celles qui ne peuvent plus les nourrir. Une d’entre elles attend son second bébé à 17 ans, une autre du même âge est atteinte de tuberculose, maladie de la misère qui est en recrudescence dans notre district.

Que fait-on les dimanches ? Une fois/mois je retrouve les jeunes de l’aumonerie pour 3h de rencontre, on a eu également le grand bingo (genre de loto) au profit de la paroisse sur la Plaza de armas, la grande place de Campoy. Ce fut très sympa. chaque groupe vendait un plat confectionné par ses soins, une animation était prévue avec des danses bien sûr par le groupe folklorique, nous avec Jean-Pierre on a fait des crèpes, avec 8 litres de pâte préparée la veille, on a fait tous les deux  plus de 150 crèpes au cours de la journée ! On n’a pas chômé !  Un dimanche on est allés avec Jean-Baptiste (l’autre volontaire de Campoy) au Nord de Lima, sur la côte à 2h de bus, pour retrouver  l’autre couple volontaire DCC également et vivre une journée ensemble. On s’est baignés dans le Pacifique, enfin pas tous !!! moi si ! car le courant de Humbolt donne une température équivalente à la Bretagne ! On a visité un petit village de pécheurs. Voir de la nature et respirer autre chose que la poussière, c’est rudement agréable de temps en temps ! On a aussi fait l’anniversaire de Jean-Pierre et fêter nos dizaines communes avec Gloria, avec nos amis péruviens dans le quartier qu’on aime bien et où vit Gloria; dans l’église car il n’y a pas d’autre salle où loger plus de 20 personnes. Ce fut très très sympa (photo). Des copains avaient amener leur guitare, on a vécu un très bon moment. 

Début novembre mon frère André et sa femme Yolande sont venus nous voir et ensemble on est allés visiter les projets de l’association dont ils font également partie, ce qui leur a permis de découvrir le Sud andin et qui nous a permis de faire le point un an après notre dernière visite. Après avoir partagé tout un we avec les 11 jeunes étudiants boursiers à Chucuito, au bord du lac Titicaca, on est partis pour Puno où on a retrouvé nos amis Fritz et Benigna puis Ayaviri situé à  4 000m où nous attendait Leonidas et où on a visité la Casa Cana (photo), maison d’accueil soutenue par « Sandia » pour enfants orphelins ou en grande détresse. Quant on est arrivé un petit bout’chou de 6 ans lavait son linge, si ceci nous bouscule bien un peu, c’est la vie qu’ils auraient s’ils vivaient en famille (la vie est dure pour les enfants dans les Andes mais aussi dans nos quartiers ) et la Casa Cana, où règne beaucoup de cariño (affection) prépare ces enfans puis ces ados à savoir se débrouiller seuls: cuisiner, gérer leurs affaires, être autonomes….. ce qui est un atout pour plus tard.  Un de leurs enfants, orphelin accueilli tout petit, a réussi brillamment à 16 ans le concours d’entrée à l’université nationale de l’Altiplano à Cuzco. Il est maintenant l’un de « nos » étudiants boursiers.

Je laisse aux enfants de Wasapampa, communauté de Pitumarca où on a retrouvé notre ami Paco D’Alteroche, le soin de vous dire qu’on pensera bien à vous tous lors de ces fêtes, en particulier à la famille à Noël et aux amis lors du Nouvel an. On portera dans notre coeur tous ceux qui nous écrivent régulièrement et témoignent ainsi de la valeur de leur affection et de leur amitié au travers du temps et de la distance. Chaque mail, chaque commentaire est pour nous une grande joie et un lien avec nos racines.

Bon Noël à chacun !  On vous embrasse.

Monique et Jean-Pierre

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22déc

Le Bulletin 58 est en ligne !

Ecrit par Frédéric le octobre 31, 2011

Voir le bulletin 58 d’octobre 2011 !

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31oct

De retour sur le blog !

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le octobre 13, 2011

Enfin, nous revoilà !
Il y a si longtemps que je ne suis venue vous raconter ce qui se passe dans ce petit coin de Pérou !
A vrai dire le mois de juillet a été très chargé puis on est rentré pour trois semaines de congés en France le 26 de ce même mois, Jean-Pierre n’était déjà pas très bien depuis quelques jours. Ses problèmes de santé nous ont valu de devoir rester un mois de plus que prévu en France, visitant divers services du CHU. Rassurez-vous il va beaucoup mieux à l’heure qu’il est, moyennant un bon traitement.  Nous avons pu retrouver Campoy le 20 septembre et rattraperons le mois perdu en prolongeant d’autant notre présence ici.                                                                                                                                 

Autant dire que nous étions impatients de revenir et pour moi de retrouver mes patientes et petites ados, pour Jean-Pierre de faire fonctionner les chauffeaux solaires qu’il avait réalisés, avec l’arrivée du printemps (et oui on est dans l’hémisphère sud !).  Entre autre pour la Casa hogar (maison d’accueil)  pour les fillettes,  à Huaycan  pas très loin    de Campoy,  ce qui leur permet de se doucher à l’eau chaude !   Autant dire qu’elles apprécient !   Donc c’est reparti pour lui, à mi-temps au début puis maintenant à plein temps, ayant retrouvé sa forme légendaire !   Il a aussi repris dès notre arrivée l’activité de tennis de table qu’il propose aux enfants de La Vizcachera, ils étaient heureux de le retrouver !   

 La Vizcachera n’a pas changé de ces deux mois si ce n’est que la rue de Campoy qu’empruntent les minibus qui y montent est en travaux elle a été en permanence fermée pendant plus d’un mois obligeant les habitants de ce lieu à monter à pied ce qui est fastidieux surtout pour ceux qui vivent à l’extrémité et pour la plupart qui traînent toujours des sacs très chargés pour alimenter leurs petites boutiques ou nourrir leurs cochons. Actuellement les travaux n’avancent pas mais selon l’humeur du moment la rue est fermée ou en partie ouverte ce qui rend aléatoire le passage des bus. les plus démunis ne sont souvent pas pris en compte….

 Ce qui a changé par contre au Pérou c’est l’installation d’un nouveau président, Ollanta Humala, avec lui c’est un immense espoir qui a jailli pour les laissés pour compte: Indiens des Andes, d’Amazonie ou vivant dans les quartiers pauvres de Lima ou d’autres grandes villes. De nombreux Péruviens espèrent plus de justice sociale (plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté).   

 Nous avons également retrouvé avec joie nos amis de Campoy et pu participer à la fête de notre quartier. Il faut que je vous raconte tout ça. Tout avait commencé il y a quelques mois par une « pollada », c’est à dire une activité solidaire, un plat à base de poulet, pommes de terre et maïs, préparé par des femmes du quartier et vendu dans la rue dans le but de financer des travaux. Bien sûr comme pour toute activité ici, il faut de la musique et il faut qu’elle s’entende de tout le quartier  !   mais c’est un moment très sympathique. 

            C’est la première étape. Ensuite  vient la « faena », cette coutume andine qui fait que tous les habitants d’une communauté des Andes ou ici de ce même quartier doivent participer à une réalisation commune.                Il s’agissait donc, plusieurs semaines après, d’aménager les alentours de la place et ce avec l’argent récupéré par la faena.  Il faut dire que les travaux de ce genre, comme le fait de goudronner une rue, sont à la charge des riverains. Ainsi donc un samedi toutes les forces du quartier se sont réunies pour préparer, cimenter mais aussi nourrir les travailleurs. Bien sûr tout cela donne soif et la bière coule à flôt. Mais là aussi c’est un moment chaleureux où tous se retrouvent pour une action collective quelque soit la condition sociale. Et comme il y a du monde, donc de la relève, les choses sont menées rondement. Et c’est ainsi que le quartier est aménagé. 

L’étape suivante dans la vie du quartier ce fut ce samedi, le 8 octobre, jour férié au Pérou. Alors là c’était autre chose, le 42° anniversaire de la Coopérative (ce qui ressemble un peu à une association de quartier).   C’était Jour de fête car les habitants venaient enfin de recevoir de l’administration péruvienne leur titre de propriété, alors qu’ils avaient acheté leur terrain il y a …42 ans ! Qui a dit que l’administration nétait pas rapide en France ? Et cela a pu être obtenu par la ténacité et opiniatreté des nombreux dirigeants  qui se sont succédés. Ainsi les gens ne pourront pas être expulsés ou victimes de trafiquants de terrain, nombreux à Campoy, qui fabriquent de faux titres de propriété pour revendiquer un terrain. Vous imaginez donc ce que ça représente pour eux !                                                         A 9h du matin la fanfare était là puis ont commencé les discours, la montée des drapeaux: celui du Pérou puis celui très coloré de Cuzco (des Andes donc, d’où sont originaires une grande partie des habitants) portant en son centre l’emblême des coopératives du Pérou: 2 sapins et ensuite a retenti l’hymne national péruvien. Des enfants déguisés ont pris la tête de ce qu’on appelle ici le « pasa calle » défilé dans les rues, ce jour là dans tout le quartier. Chaque rue avait préparé une danse costumée bien souvent de la province dont venaient des habitants, tout le monde était dans la rue, nombreux étaient ceux qui avaient confectionné la spécialité de Campoy: les brochettes de coeur de boeuf, d’autres vendaient d’autres plats à base de viande, des gelatinas (gelées) dont les Péruviens sont très friands, nous…pas trop !                                                                                                          Tout le monde était dans la rue, la fanfare que dis-je ! les fanfares puisque 5  se sont succédées au cours de la journée ! avec la harpe andine (très joli) assurant l’animation, les gens dansant (très vite j’ai été invitée à participer!). les Péruviens d’où qu’ils soient adorent faire la fête et savent très bien l’organiser. Il ne manque jamais rien, ni les ballons, ni la musique, ni les danses, ni….les caisses de bière. Tous participent: les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les handicapés. Une vraie fête populaire à laquelle on s’est mélé avec plaisir et les voisins étaient heureux de nous voir parmi eux.                                                                                                                                        Ah oui j’oubliais il y a aussi deux choses très importantes au Pérou. D’abord les pétards, ils sont de toutes les fêtes, d’ailleurs la journée a commencé  par des pétards   à 6h du matin. Le plus prisé ce sont des boites de 21 pétards, on allume le premier et les autres suivent !   puis les feux d’artifice. Une coutume en fait tout un art pratiqué par des gens qui en font leur métier. Ces feux sont montés sur un taureau et s’enflamment en tournant pendant que d’autres partent dans le ciel.   Pourquoi un taureau ?  parce que dans les Andes le taureau est le symbole de la fertilité. Les gens mettent des petites statuettes de taureaux sur le faîte de leur toit là-bas.                                                                                    Si on reproche souvent aux habitants ici leur comportement qui  fait que les rues sont sales,  jonchées d’ordures, que les gens n’hésitent pas à jeter leur canette par la fenêtre du bus par exemple on   est toujours en admiration devant leur côté artiste qui fait qu’avec pas grand chose ils font des merveilles. En témoigne le décor de ce podium réalisé en quelques minutes. On peut aussi rester sidérés par l’état du matériel et des véhicules comme par exemple ce camion qui apportait le nécessaire pour monter deux podiums mais tout est récupéré ici, avant de jeter les choses elles ont toujours plusieurs vies: les vieux pneus font des sandales, les vieilles chambres à air de grandes cuvettes……!  Au marché on trouve des réparateurs de télévision, de transistors…. C’est fabuleux ! On se dit que notre société occidentale aurait bien  a prendre un peu exemple !   

Voilà donc les dernières nouvelles de Campoy, on est toujours heureux au milieu de ce peuple. Bien sûr bien on n’apprécie pas trop qu’on tente de nous arnaquer régulièrement quand on prend le bus parce qu’on est gringo, c’est lassant ! il faut se battre. On n’aime pas trop non plus de devoir patienter en permanence parce que les horaires ne veulent rien dire, on a du mal à s’y faire. Le plus dur c’est aussi de constater trop souvent  que la parole donnée n’a aucune valeur.

 Mais on les aime beaucoup quand même ! on aime cette créativité, cette spontanéité, cette simplicité. On apprécie beaucoup nos voisins par exemple, le couple  de la « tienda (petite boutique) si attentionné et qui fait notre admiration, s’occupant en permanence et avec tellement de patience et de tendresse de leur grand fils lourdement handicapé, « nos petites mamies » âgées qui nous embrassent chaleureusement chaque jour guettant notre passage, les vendeurs au marché qui nous font des grands saluts, les amis de la paroisse, de La Vizcachera, du Policlinico et tous ceux qui peuplent notre quotidien et qui ont eu si peur qu’on ne revienne pas, nous aussi d’ailleurs !                                                                                                                                                                                         Ce qui est merveilleux au Pérou c’est que la vie est toujours pleine d’imprévus, de surprises et ça c’est un vrai bonheur !  Je vous souhaite aussi de connaître ces petits imprévus qui émaillent la vie et l’enrichissent.

Je vous embrasse tous, ceux qui écrivent et à qui je n’ai pas eu le temps de répondre, en particulier Benoît, Pascale, Michèle  et tant d’autres. On pense à vous. Merci à tous pour les mails, les commentaires, merci à la famille, aux amis qui entretiennent le lien. On vous embrasse.                                                                                                                                                                     Monique et Jean-Pierre.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

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13oct

Un abrazo de los Campoyanos !

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le juin 3, 2011

Buenos dias ! Qué tal ?   Bonjour ! Comment allez-vous ?

C’est ainsi qu’on se salue ici ! Et dans les quartiers peuplés d’Indiens, tout le monde se dit bonjour même sans se connaître et c’est bien agréable ! La dernière fois que je vous ai écrit c’était la veille du Jeudi Saint. Ce jour-là, férié au Pérou, nous avons regardé avec des amis français ou connaissant le français, le CD du très beau film: Des hommes et des dieux. Nous ne le connaissions pas et nous l’avons beaucoup aimé. Le soir nous avons vécu une très belle célébration avec toute la paroisse réunie, très festive, il y avait beaucoup de monde. Le vendredi saint nous avons participé au Chemin de croix dans ce quartier où je suis si souvent auprès de mes petites ados et où Jean-Pierre a lancé et anime maintenant un après-midi Ping-pong pour les enfants. Nous nous plaisons dans cette « comunidad campesina«   (communauté paysanne)  constituée d’Indiens venus des Andes ou d’Amazonie, qui ont gardé leur façon de s’organiser.                                                                                                        Une vue de deux enfants de ce quartier que je rencontre souvent et du Chemin de croix.

 Le lendemain nous avons eu la visite de deux autres coopérants de la DCC, invités par Jean-Baptiste (le jeune coopérant qui travaille aussi sur Campoy, à gauche sur la photo). Ils vivent sur un autre secteur également défavorisé de Lima. Rencontrer d’autres coopérants DCC de surcroît, est toujours une grande joie. Le courant passe aussitôt et nous on se sent rajeunir de…..30 ans au moins !! Depuis nous avons accueilli également un autre jeune couple qui arrivait au Pérou pour 2 ans dans le Sud andin. Par ailleurs nous sommes toujours en lien avec Romuald (Colombie), Anna (Bénin) , Solène et Nicolas (Burkina Faso) avec qui nous avions fait notre stage de départ DCC. Communiquer permet de partager, de s’encourager, de découvrir des points communs, quelque soit le continent, liés à la misère et au sous développement auquel nous sommes confrontés.    Photo des 5 coopérants DCC de Lima avec Hubert (notre curé français).

La veillée pascale à Campoy fut magnifique  chaque communauté  avait cheminé avec des bougies à la main pour rejoindre le coeur de la paroisse. Ce fut de toute beauté, profondément ancré dans cette terre de Campoy, teinté des particularités de cette population pauvre, pour la plupart déracinée et de ses espérances. L’espoir de cette population, c’est un changement avec plus de justice sociale, du travail autre que le travail informel qui concerne 72% de la population péruvienne. Alors que le PIB a triplé depuis l’an 2000, le secteur public de la santé et de l’éducation sont toujours dans un état lamentable en ce qui concerne les quartiers populaires et les zones rurales. Face à cette situation les gens font preuve d’une extraordinaire débrouillardise, nous sommes aussi souvent ébahis devant leur   aptitude  à faire de très belles choses avec quasiment rien.                                                                 Le 2° tour des présidentielles est dimanche (le 5 juin), on tremble: il y a peut-être un espoir mais en face de lui, le retour à une situation déjà bien trop dramatiquement connue.                                                                                                                          Photos de la veillée pascale à Campoy.                                                  Deux évènements importants ont eu lieu ces derniers temps, tout d’abord  la présentation du livre de notre ami Mgr Paco d’Alteroche à Lima. Dans ce livre qui va être bientôt disponible en français  il raconte sa vie et donne un magnifique témoignage de son engagement en Amérique latine où il est parti en 1964, de l’Argentine au Pérou où il a vécu la plus grande partie de sa vie, dans le  Sud-andin.                                                                                                                                                                                                                  Nous avons   aussi été présents à l’ordination sacerdotale d’Oscar, le diacre de la paroisse. Ils étaient 9 à être ordonnés prêtres ce jour-là et 3 à être ordonnés diacres dans notre diocèse (Chosica) !! Ce fut très beau, très simple, mêlant les chants quechua, langue maternelle de la plupart de ces jeunes et les chants en espagnol. Oscar est parti depuis pour une autre paroisse et a été remplacé par un nouveau prêtre qui se nomme….Washington !!!                                            Leonidas, notre ami andin, directeur d’une maison d’accueil pour les jeunes dans le Sud andin, est venu à Lima pour une formation  et a passé 3 jours avec nous. On l’apprécie beaucoup, il a découvert ici le drame de ceux qui quittent les Andes pour venir chercher du travail et une vie qu’ils espèrent plus supportable à Lima.  

Un autre temps fort pour moi fut « El dia de la madre« , le jour de la fête des mères, organisé un soir pour les petites ados enceintes et mamans. Elles étaient venues 17 sur une quarantaine que j’accompagne. N’avaient pas pu venir celles qui habitaient loin, celles qui travaillaient, celles dont la mère ou le compagnon n’ont pas voulu qu’elles sortent, celles qui avaient oublié !!! mais bon j’étais très contente ! Une d’entre elles n’était pas là, elle avait fait une énième fugue, mais sa mère et sa grand mère étaient venues à sa place !  Avec Gloria et Francisca  ont avaient  confectionné un cadeau pour chacune, ce qui est le plus apprécié ici: Un panier avec de la farine, du sucre, des pâtes, de l’huile, du riz, du papier hygiénique et des bonbons.  Elles étaient heureuses. Chacune avait  apporté quelque chose pour le repas, ce fut très chaleureux.  On a fait aussi l’anniversaire de Maribel (19 ans) très émue et le 1° anniversaire des petites  jumelles de Jessica.   Photos de deux de « mes petites mamans »                                                                                                                                                                                                                                                Le jour de la fête des mères est un grand jour ici, il n’est pas concevable de ne pas être en famille ce jour-là même si, comme pour toutes les fêtes, c’est l’occasion de boire…beaucoup. Le spectacle le soir dans les rues, des femmes qui poussent leurs maris dans les bus est assez impressionnant à vrai dire.  Mais pour  finir sur une note optimiste, nous étions invités ce jour là et on a apprécié car c’est la 3° fois en 15 mois qu’on est invité par des Péruviens ! On était donc invités par Saul et Gloria (une autre Gloria !) et leur famille qui nous sachant loin de nos enfants ne voulaient pas nous laisser seuls ! Ce sont des gens très accueillants, voisins et amis d’Hubert. Le soir après la messe dans une autre des communautés où on aime bien aller, les responsables avaient organisé une fête pour les mamans, ce fut très sympa ! Bien sûr on a dansé des danses andines !

Jean-Pierre est toujours dans ses chauffeaux solaires, sollicité par d’autres personnes au delà de Campoy. Je continue également les cours (plutôt rencontres) dans les collèges, d’Education à la sexualité, c’est très prenant et ça nécessite beaucoup d’énergie mais c’est passionnant d’être en contact avec ces jeunes  qui vivent dans des conditions très difficiles et des situations très éprouvantes; bien loin de celles de la plupart de nos jeunes en France. Je laisse à Mahumi et Arumi le soin de vous dire Hasta luego et de vous envoyer un abrazo fuerte !                                                                                                 Monique et Jean-Pierre

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3juin

Le bulletin d’avril (N°57) est en ligne !

Ecrit par Frédéric le mai 9, 2011

http://www.sandia.fr/blog/Bulletin/

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9mai

Joyeuses fêtes de Pâques à chacun !

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le avril 21, 2011

Bonjour à chacun de vous tous.

Avant toutes choses un immense merci à ceux qui laissent des commentaires ou nous écrivent sur notre boite.        C’est toujours une grande joie de vous lire,  de découvrir les évènements qui tissent la vie des uns et des autres, de suivre un peu de loin la famille, les amis et les copains…..                                                                

Malheureusement il ne m’est pas bien facile d’écrire, le temps manque trop, même pour venir rédiger quelques nouvelles sur le blog.  J’ai aussi découvert il y a peu que plusieurs de mes mails n’étaient pas arrivés à leurs destinataires au Pérou, peut-être en est-il de même pour certains en France.

Si on ne peut plus se fier au courrier via  internet, alors que nous reste-t-il au Pérou, quand le courrier postal est plus qu’aléatoire surtout dans le sens Pérou-France et qu’il met au minimum 3 semaines entre Lima et Paris ???   Le service du courrier ressemble un peu à celui des bus, sans doute !

Les évènements importants de ces derniers temps ici sont bien entendu les élections du 10 avril dernier,  législatives pour élire les représentants au Congrès, également ceux qui vont   siéger au parlement andin mais aussi et surtout le 1° tour des présidentielles. Nous avions vécu les municipales et régionales en octobre dernier, ainsi nous aurons pu assister à ces évènements majeurs. Il faut savoir qu’au Pérou les élections sont obligatoires. Ceux qui ne vont pas voter sont passibles d’une amende  qui varie selon qu’on est dans un district  »non pauvre », pauvre ou d’extrême  pauvreté. Pendant 48h règne  la loi « seca ». Au mois d’octobre on l’ignorait et comme on avait invité des amis le jour des élections la veille on est allé faire  les courses dans l’unique supérette de Campoy et voilà qu’à la caisse, on s’est fait confisquer nos bouteilles ! ley seca nous a-t-on dit. Ainsi on n’a pas oublié la consigne cette fois: la vente d’alcool est interdite ces jours-là. Comme pour toute interdiction bien sûr certains font leurs affaires à ce moment-là !!  Dans les rues on assiste au spectacle coloré de ceux qui portent les tee shirt jaunes offerts par tel parti, ceux qui portent la casquette rouge offerte par tel autre,  ceux qui acceptent de mettre des affiches sur leur maison, l’un distribue des boites d’allumettes à l’affigie de tel candidat, on a même eu des bonbons d’un certain parti en octobre dernier….! Les discussions vont bon train entre voisins et les gens n’hésitent pas à se demander publiquement entre eux pour qui ils vont voter  et à nous le demander d’ailleurs ! Le second tour aura lieu le 5 juin. A la surprise générale, l’effroi pour beaucoup, les Péruviens devront choisir entre Keiko, la fille de l’ancien dictateur Alberto Fujimori incarcéré après avoir été jugé dans son pays pour crimes contre l’humanité et corruption et l’ex-militaire Ollanta Humala, accusé lui aussi de crimes…..De nombreuses personnalités se sont prononcées publiquement tel Mario Vargas Llosa, prix Nobel 2010 de littérature, péruvien. On a le sentiment d’assister à un moment important de l’histoire de ce pays, lourd d’inquiétudes.

Que vont devenir les pauvres dans ce pays rongé par l’inégalité frappante entre les quartiers riches de Lima qui pourraient laisser croire qu’on est à Nice et les quartiers pauvres de la périphérie, les zones rurales de la montagne ainsi que  l’Amazonie ?                                                                Sans possibilité de trouver un logement ailleurs, les plus démunis s’installent dans les « cerros », zones inhospitalières sans aucun service où ils vivent dans la crainte d’être délogés par la police ou les trafiquants de terrain si nombreux qui avec de faux papiers revendiquent la propriété de ces terres.

Quand on voit la compétence et le matériel à disposition du personnel médical dans les quartier de type occidental et l’ indigence des « posta » (dispensaires) et hôpitaux du reste du pays….. Pour consulter à l’hôpital pour les gens de Campoy par exemple il faut aller d’abord dans un hôpital assez éloigné dès 5h30 du matin pour faire la queue pour avoir un rendez-vous. Ensuite il faut revenir à la même heure le jour du rendez-vous pour avoir quelques chances de passer.  Je ne parle pas des zones rurales comme Pitumarca par exemple où la mortalité est très élevée à cause de l’absence de services de santé équipés et de personnel suffisant. Dans l’éducation le problème est identique.

Le Pérou est un pays jeune. A Campoy la moitié de la population a moins de 20 ans, on trouve ça très sympathique tous ces jeunes. Ils ont envie de changer les choses, de concilier à la fois la modernité dont ils profitent déjà ne serait-ce que par internet dans les boutiques qu’ils fréquentent assidûment que par le goût de leurs racines auxquelles ils sont très attachés et qu’ils essaient de valoriser. Ici des jeunes avec Jean-Baptiste, l’autre volontaire DCC de la paroisse, arrivé en octobre dernier. Un compagnon symapthique qui a en charge les jeunes, surtout les plus en difficulté de Campoy. Lui s’occupe plutôt de prévention de la délinquance et des « pandilleros » (bandes violentes qui sévissent dans les villes d’ Amérique latine).

Pour moi c’est un autre versant de la jeunesse en difficulté auprès de laquelle  j’essaie d’être présente: les ados enceintes et jeunes mamans. Plus le temps passe, plus celles qui viennent me voir sont dans des situations dramatiques. 15 ans, 16 ans, 17 ans. La dernière qui est venue me voir vit seule avec sa maman mère célibataire dans une des dix cabanes installées sur la terrasse d’une maison de 3 étages, cabane à peine plus grande que le lit double où elles dorment, sans eau ni électricité. Elle a 17 ans et attend…..des jumeaux, son copain a 16 ans et il travaille déjà depuis 1 an. Le nombre de jeunes ados enceintes est affolant. Quel avenir pour ces jeunes et leurs enfants ? Quelle société peut engendrer de tels drames,  la pauvreté matérielle et affective sont elles seules responsables ?

On aimerait tellement les voir épanouies comme elles devraient toutes pouvoir l’être à cet âge !                                                                      Ici des jeunes d’un groupe de danse organisé par la paroisse.

Jean-Pierre est toujours occupé par ses panneaux solaires. Il est également en train d’organiser un atelier ping-pong pour les enfants du quartier le plus déshérité de Campoy.                                                Notre vie ici nous plaît toujours beaucoup.

Il paraît que vous avez un beau printemps, nous on est rentrés dans l’automne. Profitez bien de ces belles journées et de la nature !

On souhaite à chacun de vivre de belles fêtes de Pâques, on ne vous oublie pas !

On vous embrasse.

Monique et Jean-Pierre

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21avr

Ecrit par Monique et Jean-Pierre le février 6, 2011

Bonjour à vous tous !
Décidément c’est bien difficile de trouver un moment pour écrire ! Mais, bon ! me voilà enfin !
Tout d’abord un grand merci à tous ceux famille et amis qui ont eu la gentillesse de nous écrire pour Noël et le Jour de l’an. Je n’ai vraiment pas la possibilité de répondre à chacun mais sachez que tous ces petits gestes nous touchent profondément.
Dans 1 mois nous serons à mi-mandat, ça fera 1 an le 4 mars, déjà !!! Je peux dire que si pour nous deux le temps est passé vite, il nous semble aussi qu’on est là depuis longtemps tellement notre vie est déjà bien organisée ici !

De quoi est-elle faite notre vie dans ce secteur de Lima ?
* D’abord de rencontres quotidiennes avec nos voisins ou d’autres personnes de Campoy qu’on aime bien, comme « notre Mamie » Mercedes.
* Ensuite le travail professionnel dont je vous ai parlé abondamment dans mon dernier article. Pour ma part j’assure actuellement le suivi médical, social, psychologique de 33 ados enceintes ou jeunes mamans, pour la plupart exploitées, battues, violées ou dénutries. Je suis en lien avec une psychologue et une assistante sociale à qui je fais appel pour les cas les plus graves. Je découvre aussi la violence: maltraitance courante des enfants, des femmes; l’alcoolisme, la drogue, la prison pour certains des compagnons de mes petites ados. Tous ces maux dus à la grande misère et l’analphabétisme. Il y a du chomage bien sûr mais beaucoup trouvent des activités informelles: récupérer le plastique, la ferraille, cuisiner et vendre dans la rue, préparer les gousses d’ail: ça c’est terrible: il s’agit de les détacher de la tête d’ail à la main puis de les fouler au pied comme on faisait pour le raisin mais dans un bassine avec de l’eau et un produit toxique, pour détacher la pelure. Je ne vous dis pas les blessures aux pieds au début puis les maladies occasionnées par ce produit. Le Pérou utilise beaucoup d’ail pour les sauces. D’autres sont « cobrador », c’est à dire receveur dans les minibus, ou conduisent des motos taxis, d’autres élèvent des cochons, des canards, des poules. Les femmes font aussi tous ces métiers-là bien sûr mais peuvent avoir une petite boutique, minuscule où elles vendent de l’épicerie, elles revendent au marché des légumes ou fruits qu’elles achètent, elles cousent des perles sur des tee-shirt pour le compte d’entreprises, elles cuisinent. Pour ceux qui sont salariés, beaucoup n’ont pas de papier d’identité donc aucun recours s’ils ne sont pas payés. Ils n’ont pas non plus la Sécurité sociale. Les familles séparées sont très courantes et il n’est pas rare qu’ à la mort du père, sa femme et ses enfants « officiels » découvrent qu’il avait une autre compagne et d’autres enfants. La tuberculose est très présente, le sida aussi.
Je ne veux pas dresser un portrait noir mais seulement décrire la misère ici, mais elle sévit aussi dans tant de pays du monde et en France aussi maintenant. A ce propos j’aimerais citer les paroles de Claude Lelouch, découvertes grâce à nos amis Pierre-Emmanuel et Christèle   « Le monde du partage devra remplacer le partage du monde« .   Vous pouvez aussi lire, si vous ne l’avez déjà fait, un petit livre au nom significatif: « Indignez-vous ! » du grand Stéphane Hessel, aux Editions Indigènes, dans la collection: « Ceux qui marchent contre le vent ». C’est beau ce titre-là !! Grand merci à nos enfants qui nous l’ont envoyé pour Noël !

* Une autre de mes activités est l’association « Sandia » à laquelle je consacre aussi « un certain » temps ! comme je le faisais en France. Les liens avec l’équipe française, les mises à jour et bilan des actions, le suivi des projets dans les Andes….A ce titre nous avons reçu il y a quelques jours le groupe des jeunes étudiants boursiers de l’association (il n’en manquait qu’un). Nous les avions invités à découvrir Lima, leur capitale qu’ils ne connaissaient pas. Ils ont donc fait 24 h de bus pour venir de Puno dans le Sud andin. Ils sont tous Indiens quechua. Nous voilà avec eux Plaza de armas à Lima. Nous aimons beaucoup tous ces jeunes qui nous le rendent bien ! Melina la responsable du groupe à Puno, boursière également était venue avec son petit Amaru qu’elle allaite.  Après sa thèse en avril, Melina sera avocate et elle fera une spécialisation dans les droits de l’homme pour défendre son peuple (Indien) marginalisé.                    On a découvert avec eux les trésors de Lima mais ce qui les a le plus amusés a été l’escalier roulant du grand centre commercial.  Ils n’en avaient jamais vu. Ces jeunes sont tous issus de communautés (villages) ou de Sandia même.  On les a emmené aussi au Parc des eaux de Lima célèbre pour ses innombrables fontaines et jets d’eau, tous plus originaux les uns que les autres et bien sûr son spectacle magnifique.

Ces jeunes étudient pour devenir informaticien, ingénieur en gestion publique et développement social, ingénieur en génie civil, chirurgien dentiste, infirmière, secrétaire de gestion, et technicienne de santé. Ils sont tous soit orphelins, soit de familles très pauvres qui n’auraient jamais pu leur payer des études et pour certains les parents sont analphabètes. Tous ils se sont battus pour entrer dans leurs universités ou instituts (genre IUT) tant le niveau scolaire est bas à Sandia comme  quasiment partout dans les Andes. Ils ont du pour la plupart passer 1 ou 2 ans à prendre des cours de remise à niveau dans des écoles de « rattrapage ». ils ont tous un engagement social et veulent rester dans les Andes pour accompagner leur peuple.  Ils s’appellent Yasmani (à gauche, Salvador, Jose, Oscar,Magda et Elisabeth devant, et à ma droite Melina et Veronica

Ils ont aussi découvert la mer, ces jeunes habitués à vivre à 4 000m ! l’océan pacifique. Timidement au début puis ils en ont bien profité !                                                                                                                                Tous, même Amaru ! 

Après une rencontre avec les jeunes de Campoy le dimanche autour d’un match de foot, ils sont repartis le lundi après qu’on ait fêté ensemble l’anniversaire de Salvador.

Ce fut une grande joie pour eux que ces 5 jours de rencontres et découvertes, de vacances aussi car tous travaillent ou étudient durant cet été. (Et oui ici c’est l’été et les grandes vacances ici !) Quant à nous on a toujours beaucoup de plaisir à les retrouver.

Je laisse à l’équipe de foot improvisée avec également des Campoyens et Jean-Baptiste (autre volontaire DCC) ! le soin de vous saluer.                                                                                                                             Un petit séjour de vacances en France à la fin du mois va nous permettre de retrouver nos enfants et petits enfants et souffler un peu avant d’attaquer la 2° ligne droite de notre engagement que sera notre deuxième année au Pérou.

On vous embrasse.

Monique et Jean-Pierre 

(un salut d’Oscar (à gauche), Jean-Baptiste, Salvador, Maykle, Yasmani, Richard et devant notre super goal: Jose, le benjamin des boursiers !)

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6fév